Un cortège de 200 personnes environ s’est déplacé du parvis de la Fac vers l’Encan à 10h30 afin de montrer à Darcos son opposition à sa politique éducative. Les forces de l’ordre bloquaient l’accès par la passerelle pour l’encan, lieu du congrès de la PEEP qui avait invité Darcos pour l’ouverture.
1ère agression :
Nous faisions face aux policiers lorsque 5 minutes plus tard, sans aucune raison, sans sommation, sans le moindre scrupule le policier le plus en vue sur les photos et tenant en main un vaporisateur de lacrymogène, l’a utilisé contre nous, il l’a dirigé sur nos visages et à bout portant. Il y avait des enfants dans la manif et des personnes âgées mais cela n’a pas semblé l’émouvoir.

2ème agression :
Une manifestante (avec un dossard jaune) ayant emprunté la passerelle pour nous rejoindre, passe près des policiers, ils l’empoignent , la gaze et la jette très violemment à terre. Une dame se baisse pour l’aider à se relever, elle se fait gazer à son tour à bout portant.

3ème agression :
Alors que nous sommes proches des barrières, le policier en question en a profité pour vider sa bouteille de gaz sur nous toujours à bout portant (voir photo avec le jet de gaz et les mains encore sur la barrière). Nous nous dispersons le temps de reprendre notre respiration et de calmer la violente douleur aux yeux. Lorsque je reviens je vois un homme de 72 ans à terre, pris d’un malaise après le gazage, je lui prends son pouls qui est rapide et irrégulier. Des enseignants appellent les pompiers, nous le plaçons en PLS en attendant leur arrivée ils le conduisent à l’hôpital. Il en ressortira heureusement en début d’après midi une fois le malaise passé.

Nous sommes tous profondément choqués par cet excès de violence, de zèle, d’agressivité face une manifestation très pacifique composée majoritairement d’enseignants et de professeurs des écoles en formation.
Un dispositif vertigineux de policiers, de cars de CRS, armés jusqu’ aux dents nous accueillait à chaque carrefour munis ou non de lacrymo.
Aujourd’hui nous pouvons constater que ce sont les policiers qui provoquent les manifestants y compris lorque ceux ci sont calmes et pacifistes.
Ce type de pratiques remet en question nos droits et notamment celui de manifester. Certains policiers n’hésitent pas à mettre nos vies en danger en nous attaquant de la sorte. Le sentiment d’impunité qui est le leur doit nous alerter et nous obliger à renforcer notre vigilance. Ne les laissons surtout pas prendre le dessus, soyons toujours plus nombreux à nous faire entendre pour la sauvegarde de nos droits républicains et de notre système démocratique.
Un de nos collègues était dans la salle du congrès et a pu entendre le discours de Darcos emprunt de haine et de mépris pour les manifestants. Il n’a pas hésité à utiliser le MENSONGE pour discréditer notre manifestation. Il a affirmé que nous manifestions pour empêcher le congrès de la PEEP de se tenir, que nous étions des centaines, que le mouvement de Ségolène Royal désir d’avenir avait affrété des bus pous nous rejoindre et que la FCPE avait appelé à cette manif.
TOUT EST FAUX !!!
Nulle volonté d’empêcher la tenue du congrès, Personne du PS, pas de FCPE, et juste au plus gros de la manif environs 200 personnes.
Honte à eux, honte au gouvernement, honte à Sarkozy et aux policiers aux ordres, aveuglément, jusqu’où ?
Continuons à nous mobiliser pour défendre la liberté d’espression et la démocratie, A bientôt dans la rue !
Je suis prête à porter plainte avec ceux qui le souhaitent.
Véro Bonnet SNEP/FSU
Communiqué de presse de la FSU 17
La FSU 17 dénonce une fois de plus les violences policières qui ont eu lieu à La Rochelle, le jeudi 21 mai 2009, à l’encontre de 200 personnes qui manifestaient pacifiquement, à l’appel des organisations syndicales, à l’occasion de la venue de Xavier Darcos au congrès national de la PEEP .
Alors que les manifestants étaient réunis symboliquement à la faculté de lettres et sciences humaines, devant une passerelle menant au lieu du congrès, la dizaine de CRS qui en gardait l’entrée n’a pas hésité a empoigner puis à traîner par terre une manifestante qui tentait de rejoindre le cortège.
Face aux huées des personnes rassemblées, les forces de l’ordre ont immédiatement (et sans prévenir) aspergé les manifestants de gaz lacrymogènes à plusieurs reprises alors que des enfants étaient présents parmi eux. Un homme d’un certain âge qui se trouvait au plus près, a fait un malaise et a dû être pris en charge par les pompiers.
Au même moment, le ministre de l’Education Nationale expliquait au sein du congrès de la PEEP qu’on pouvait lutter contre la violence en milieu scolaire par la mise en place de portiques détectant les armes, en permettant aux enseignants de procéder eux mêmes à des fouilles à corps ou en donnant à la hiérarchie les prérogatives des officiers de police ! Outre le fait que si les enseignants avaient voulu devenir policiers ils auraient choisi le concours approprié, il est évident que de telles pratiques stigmatiseront encore plus les établissements difficiles qui souffrent de la ghettoïsation sociale .
On notera de plus que de telles annonces coïncident avec la volonté du président Sarkozy de jouer de nouveau la corde sécuritaire dans la campagne électorale des européennes. Ces choix illustrent avec cohérence les orientations budgétaires du gouvernement qui entend, d’un côté, développer ce genre de mesures et d’un autre coté supprimer les emplois d’enseignants et de spécialistes de la difficulté scolaire.
L’idéologie ministérielle, comme celle du gouvernement sur d’autres dossiers, consiste à lutter contre la violence par la violence, à faire taire la contestation par la force. La multiplication, ces temps derniers, des garde-à-vue prononcées contre des manifestants, ou celles d’élèves de 8 et 10 ans, préfigurent de façon inquiétante une société aux dérives policières.
La FSU 17 dénonce de telles pratiques qu’elle considère comme autant d’entraves à la libre expression, elle dénonce la violence de ces méthodes qui se substituent à un dialogue social véritable qui seul permettrait d’avancer. Elle appelle tous les personnels à persister dans l’expression de leur juste mécontentement.
Pour les syndicats de la FSU 17, Frédérique de Lasa secrétaire départementale du SNES FSU 17
Article de Sud-Ouest - édition du vendredi 22 mai 2009
LA ROCHELLE. Des manifestants ont tenté de s’approcher, sans succès, du ministre de l’Éducation, Xavier Darcos
Au large, la manifestation
Une petite centaine de manifestants, réunis sous les bannières du SNES, de la FSU et de FO, ont tenté, hier, d’approcher l’Espace Encan de La Rochelle, à l’occasion de la venue du ministre de l’Éducation au congrès national de la Peep (Parents d’élèves de l’école publique).
Ils entendaient lui signifier leurs revendications, dénoncer les réformes et les suppressions de postes. La zone sécurisée les a maintenus largement à distance.

Gaz lacrymogènes
Un incident s’est produit peu avant 11 heures et l’arrivée de Xavier Darcos. Rassemblés de l’autre côté du bassin des Chalutiers, les manifestants se sont vu bloquer l’accès du pont par un cordon de policiers de l’escadron de marche de la sécurité publique départementale. Lorsqu’une femme a forcé le passage, les forces de l’ordre ont réagi par un jet de gaz lacrymogènes. Un homme âgé a fait un malaise. Il a été transporté à l’hôpital où on lui a lavé les yeux. Il a pu en sortir peu après. « Ce sont les policiers, se rendant compte que quelqu’un était incommodé, qui ont prévenu les pompiers », indique-t-on à la préfecture, précisant qu’a été appliqué « le dispositif habituel pour une visite ministérielle ».
« On ne s’attendait pas à une telle brutalité », réagit Benjamin Baudry, de la Coordination de l’IUFM 17. « On n’était pas à Strasbourg et nous n’étions pas de dangereux anarchistes radicaux. » Frédérique De Lasa, secrétaire départementale du SNES, se dit choquée : « Rien ne nécessitait d’en arriver là. Mais on voit bien que tout cela s’inscrit dans une politique sécuritaire en vue des élections européennes. »
Auteur : Thomas Mankowski