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Compte-rendu de notre rencontre avec le Ministre de l’Éducation nationale - Mercredi 28 août 2019

vendredi 30 août 2019

Au printemps dernier, notre mobilisation contre la loi Blanquer a permis de mettre en lumière à une large échelle la nature de la politique éducative poursuivie par le ministère :
- aucun engagement dans une politique de réduction des inégalités, mais au contraire leur amplification à travers le recentrage sur le « lire-écrire-compter » et la création les EPLEI ;
- aucune amélioration des conditions d’apprentissages des élèves et des conditions de travail des personnels, actant ainsi une cassure avec la communauté éducative.

Notre mobilisation a permis le retrait du projet d’implantation d’EPLESF et de la volonté d’instaurer une autorité hiérarchique via les directeurs-trices d’école, mais n’a pas suffi à mettre en échec la politique éducative menée par Blanquer.

Nous avons eu l’occasion de le rencontrer le 28 août dernier. Nous en avons rendu compte en Conseil national. Obligé à un changement de ton, le ministre n’en renonce pas moins à poursuivre la mise en œuvre de sa politique éducative. Le ton adouci ne cache pas une volonté de nous convaincre plutôt que de prendre en compte nos avis.

C’est avec dépit qu’il nous annoncé ne plus vouloir mettre le sujet des EPLESF sur la table et que si le chantier direction d’école restait ouvert pour dégager des avancées, il n’était pas « accro » et ne mettrait pas en œuvre de propositions suscitant une large opposition.

Les annonces de Macron en avril dernier (moratoire sur fermetures d’école, dédoublement des GS, plafonnement général des effectifs à 24 de la GS au CE1) vont dans le bon sens, à deux conditions, celle d’une dotation suffisante pour ne pas dégrader la situation des autres classes et celle de n’être qu’une étape vers une généralisation de la baisse des effectifs dans toutes les classes.

C’est le premier sujet que nous avons porté en nous appuyant sur la sortie du dernier RERS qui révèle que le nombre de classes à plus de 24 élèves a augmenté l’année dernière, essentiellement à l’école élémentaire. A notre question de savoir comment il comptait financer les « annonces Macron », il se contente de rappeler la baisse démographique et le fait qu’il envisage de continuer à dégager des moyens pour le 1er degré. Les créations pour 2020 devraient donc être de la même hauteur qu’en 2019. Il reconnaît une difficulté sur les locaux dans la poursuite des dédoublements, mais tout étant devenu une affaire d’opportunité et les questions climatiques ayant fait leur entrée au ministère (conférence de presse dans les jardins du ministère), il faut aussi y voir une occasion de moderniser le bâti scolaire.

Sur la question des salaires, la réforme du système de retraite qui se profile à l’horizon, est pour lui une occasion de discuter, pour nous c’est l’occasion surtout de reporter les décisions. En 2020, seul PPCR et la 2ème tranche de l’indemnité REP+ sont financés. Il n’envisage donc aucune mesure avant 2021. S’il n’y pas de désaccord sur la nécessité de rattraper le retard du 1er degré, pour nous il s’agit de répondre clairement au déclassement des enseignantes du 1er degré par des mesures générales et concrètes pour tout le monde, réforme des retraites ou pas. Si PPCR mobilisera 300 millions d’euros cette année, cela est loin de signifier que chaque enseignante touchera 300 euros de plus par an. Lorsque nous rappelons la nécessité de prendre rapidement des mesures générales d’augmentation (augmentation importante du point d’indice, revalorisation des grilles, doublement de l’ISAE…), il en profite pour en appeler à la « créativité » ou envisage de fluidifier les carrières mais en « récompensant les mérites des enseignantes ».

En matière de FC, il propose aux OS un schéma directeur pluriannuel. Un document de travail nous a été remis pour amendements qui sera discuté au CTMEN le 17 septembre prochain. Nous avons rappelé que la FC ne pouvait servir à mettre en place l’accompagnement des réformes. La FC est un enjeu fort, nous n’arrêtons pas de le souligner ; elle doit bénéficier à toutes les enseignantes, retrouver le volume nécessaire, devenir plus universelle, plus qualitative permettant de concevoir et faire évoluer nos pratiques.

Concernant l’éducation prioritaire, le rapport Mathiot – Azéma sera remis fin septembre. Le ministre minimise la portée du rapport. Tout en soulignant son intention de ne pas diminuer les moyens du 1er degré en EP, il n’exclut pas d’introduire des éléments de souplesse via un pilotage local en matière de carte de l’éducation prioritaire.

Nous sommes revenus sur la modification des procédures de mouvement pour dénoncer une méthode qui aura été loin d’atteindre les objectifs déclarés tout en contribuant à dégrader la rentrée scolaire.

Le ministre a annoncé la mise en place de trois comités de suivi. Nous sommes concernés par celui qui porte sur les INSPE. Les autres concernent le second degré (Lycée et réforme du bac, enseignement pro). A noter que le ministère semble redécouvrir l’action sociale, annonçant de probables mesures (Pass culture, logement, extension du CESU…).

Cette entrevue n’aura pas permis d’aborder tous les sujets. C’est le cas pour les recrutements, les PIAL, les AESH, la gestion des élèves hautement perturbateurs dont il a parlé lors de sa conférence de presse.

Là où les désaccords sont persistants, inéluctables et sans doute insurmontables c’est en matière de politique éducative. Les évaluations sont présentées comme une mesure d’égalité générale, un enjeu de progrès social. Le ministre assume les défauts des évaluations précédentes et les fait évoluer par l’expérience. C’est un déni de la réalité au sens où il n’entend pas les critiques fondamentales sur le pilotage par les résultats, la réponse par les protocoles pré-établis, la déconsidération de l’expertise et de la professionnalité enseignante.

Il nous faut continuer à poursuivre notre bataille de conviction pour dénoncer une ligne idéologique et une politique qui ne répondent en rien aux défis que doit relever l’école et qui nient l’expertise et la professionnalité enseignantes.

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