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Retraites : pas de retour à l’équilibre avant au moins 2036

mercredi 13 juin 2018

Par Raphaëlle Besse Desmoulières et Bertrand Bissuel - "Le Monde" juin 2018

C’est un document dont les conclusions seront scrutées avec attention. Alors que la réforme des retraites devrait être présentée fin 2018 ou début 2019, le Conseil d’orientation des retraites (COR) publie, jeudi 14 juin, son rapport annuel sur l’évolution et les perspectives de notre système de pensions. Une version quasi définitive de ce document, dévoilée mardi soir par plusieurs quotidiens et que Le Monde a pu consulter, montre que les besoins de financement, relativement peu importants à court terme, vont reprendre de l’ampleur, avant un possible retour à l’équilibre de l’ensemble des régimes, à partir du milieu des années 2030. Ces prévisions ont été réalisées sans tenir compte des bouleversements systémiques promis par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

Avec 316 milliards d’euros versés en 2017, les dépenses du système de retraite se sont élevées à 13,8 % du PIB. Parmi ces dépenses, 272,3 milliards étaient consacrés aux pensions de droit direct et 35,4 milliards aux pensions de droit dérivé – principalement les pensions de réversion. L’an passé, le système est quasiment revenu à l’équilibre, alors que ses besoins de financement avaient auparavant augmenté, du fait de la crise économique (pour représenter 0,7 % du PIB en 2010). Cette amélioration, sur la période récente, résulte notamment de la réforme de 2010, qui a décalé l’âge de départ légal à 62 ans. Mais la situation pourrait rapidement se dégrader à court terme.

« La réforme est souhaitable »

Selon les projections du COR, en 2022, le solde financier du système de retraite resterait négatif (avec un déficit égal à 0,2 % du PIB) quels que soient les quatre scénarios de croissance des revenus d’activité envisagés (+1 % ; +1,3 % ; +1,5 % ; +1,8 %). Il pourrait cependant revenir dans le vert en 2036, selon l’hypothèse la plus optimiste, après avoir été confronté à des besoins de financement de l’ordre de 0,4 % du PIB entre 2026 et 2030. Avec une augmentation des revenus de 1,5 %, l’équilibre serait retrouvé un peu plus tard (au début des années 2040). Dans les deux autres cas, le « système de retraite resterait durablement en besoin de financement ».

Pendant la campagne présidentielle, M. Macron avait critiqué un système de retraite jugé « complexe » et « injuste ». Le candidat d’En Marche ! s’était engagé à le remplacer par un dispositif « universel », au sein duquel chaque euro cotisé donnerait les mêmes droits à tous, quel que soit le statut de la personne (salarié, fonctionnaire…). Il avait également promis de ne revenir ni sur l’âge de départ à la retraite ni sur la durée de cotisation, considérant à l’époque que le problème ne se posait plus en termes financiers. Mais les perspectives s’étaient quelque peu assombries à la suite de la publication, en juin 2017, du rapport annuel du COR. En novembre de la même année, d’autres prévisions avaient cependant relativisé la situation.

Du côté des organisations syndicales, les nouvelles projections du COR ne sont pas jugées si préoccupantes. « Il n’y a rien d’alarmant, estime Frédéric Sève (CFDT). Les prévisions sont les mêmes qu’en novembre, à un moustique près. Et un petit. » Même son de cloche pour Philippe Pihet (FO) : « Il n’y a rien de neuf, les prévisions ne sont pas plus mauvaises que l’an dernier. » Ce dernier se dit, en revanche, « plus préoccupé par la réforme des retraites » que souhaite l’exécutif.

Sans surprise, Claude Tendil (Medef) développe une tout autre analyse. A ses yeux, les constats du COR montrent que « les régimes ne sont pas et ne seront pas à l’équilibre dans un horizon visible » : la perspective de toucher à nouveau la ligne de flottaison dans les années 2030 ou 2040 repose sur des hypothèses « que l’on n’a jamais connues ». Dès lors, « la réforme est souhaitable », poursuit-il. Elle devrait, d’après lui, jouer sur « le levier de l’âge » en incitant les personnes à travailler un peu plus longtemps.

Au demeurant, les prévisions montrent que l’âge auquel les femmes et les hommes réclament le versement de leur pension va s’élever. Selon le COR, l’âge moyen de départ à la retraite, qui avait baissé « d’environ six mois » pour les générations nées entre 1940 et 1950 (du fait de la mise en place d’un dispositif spécifique pour les personnes ayant commencé à travailler jeunes), augmente « à nouveau, et rapidement, à partir de la génération 1951 ». Cette inflexion est imputable « notamment » à la réforme de 2010. « Le départ à la retraite passerait de 60 ans et six mois en moyenne parmi les personnes nées en 1950 à 61 ans et 10 mois parmi celles nées en 1955 », écrit le COR. Cette hausse continuerait ensuite, mais à un rythme moins élevé, pour se stabiliser à un peu moins de 64 ans (pour les générations nées à la fin des années 1970).

S’agissant du sort des retraités, les prévisions du COR sont globalement en ligne avec les constats dressés dans ses précédents rapports. Quelles que soit les hypothèses retenues, la pension moyenne « continuerait de croître en euros constants » – c’est-à-dire déduction faite de l’inflation. Mais dans les décennies à venir, cette progression serait moins soutenue que celle des « revenus d’activité », contrairement à ce qui s’est passé au cours des dernières années.

La tendance serait la même pour le niveau de vie des retraités (qui englobe la pension, ainsi que d’autres ressources telles que les revenus du patrimoine) : celui-ci s’établirait, suivant le scénario retenu, entre 89 % et 95 % du niveau de vie de « l’ensemble de la population » en 2040 – entre 77 % et 89 % en 2070. Une évolution synonyme de dégradation relative puisqu’en 2015, le niveau de vie des retraités était supérieur (d’un peu plus de cinq points) à celui de toute la population. Ces projections sont toutefois susceptibles d’être remises en cause par la réforme systémique qui sera mise en place par l’exécutif.

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