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Pour 37 % des fonctionnaires, le fait d’être syndiqué constitue un frein pour évoluer dans sa carrière

lundi 5 janvier 2015

Publié le 10/12/2014 • Par AVEC L’AFP • dans "La Gazette des Communes" :
- Actu Emploi [1],
- France [2],
- Toute l’actu RH [3]

Blocage de la carrière, "mise au placard", harcèlement voire licenciement : la discrimination syndicale, "difficile à mesurer", est réelle, et des salariés renonceraient à se syndiquer par "peur des représailles", affirme mercredi 10 décembre 2014 l’Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales. 37 % des agents de la fonction publique estiment que le fait d’être syndiqué constitue un frein pour évoluer dans sa carrière (ils sont 48 % dans le privé).

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Cet article est paru dans Le Club Ressources Humaines

Créé à l’automne 2012 sous l’égide de la Fondation Copernic, l’observatoire de la répression et de la discrimination syndicales, qui rassemble chercheurs et syndicalistes, s’est fixé comme objectif d’alerter sur un phénomène rarement pris en compte, « voire purement et simplement occulté ou nié par le patronat ». Il a publié mercredi son premier rapport après avoir recensé des cas de discrimination à l’égard de syndicalistes.

« C’est un fait social difficile à mesurer  », admet au préalable le rapport, faute de données statistiques. Des enquêtes existent cependant. Selon un baromètre de 2013, pour 36 % des salariés, la faible syndicalisation est liée «  à la peur des représailles  », un chiffre toutefois en baisse par rapport à 2010 (42 %). Et pour 4 8% des salariés du privé et 37 % des agents de la fonction publique, le fait d’être syndiqué constitue un frein pour évoluer dans sa carrière.

10 % de salaire en moins

Un délégué syndical gagne « en moyenne 10 % de moins qu’un salarié non syndiqué ayant le même profil », note également l’observatoire qui met l’accent sur la « faible syndicalisation des salariés » (environ 10 % tous secteurs confondus).

Or, « la présence d’organisations syndicales fortes permet l’expression des problèmes dans l’entreprise, les salariés sont plus protégés », observe Etienne Penissat, chercheur au CNRS. Certains dirigeants ou responsables hiérarchiques perçoivent cependant les syndicalistes « comme une remise en cause de leur autorité », « des salariés nuisibles » et cherchent à « leur rendre la vie dure ». «  Entraver l’action de syndicalistes jugés trop actifs, pousser à quitter ’entreprise par un harcèlement permanent (…) , ou tout simplement les licencier pour des motifs montés de toutes pièces, refuser des postes ou des formations, (…) sont autant de pratiques qui visent à dissuader  ».

Eric Beynel (Solidaires) explique que « beaucoup de militants licenciés et ‘blacklistés’ dans leur région n’ont pas d’autres choix que de déménager pour trouver du travail  ».

Sous-traitance

Découper l’entreprise en entités de moins de 50 salariés pour éviter la représentation d’élus du personnels ou alors sous-traiter des activités sont aussi des stratégies utilisées par l’employeur. « En sous-traitant des pans entiers de son activité, notre entreprise créé de véritables ‘déserts syndicaux’. Les salariés n’ont aucun moyens de se défendre et se retrouvent avec des conditions de travail et des salaires bien inférieurs  », témoigne une responsable syndicale chez EDF.

Pour combattre ces discriminations, le rapport suggère notamment de sécuriser les droits des salariés qui s’engagent dans des recours envers leur employeur tout au long de la procédure judiciaire et de permettre au juge d’ordonner des mesures d’éloignement des responsables de harcèlement et de discrimination.

« Les sanctions pénales à l’encontre des patrons ne sont pas assez dissuasives. Elles devraient être renforcées avec une peine d’un an d’emprisonnement et une amende proportionnelles au chiffre d’affaires  », préconise Agnès Zissmann, du syndicat de la magistrature. L’Observatoire propose aussi de créer « une action collective en justice » en cas de discrimination envers plusieurs salariés.

Links :

[1 http://www.lagazettedescommunes.com...]

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