Retour accueil

Vous êtes actuellement : ACTUALITES NATIONALES 


fontsizedown
fontsizeup

Manuel Valls est-il en train de sonner le glas du dialogue social ?

mercredi 8 octobre 2014

Le Monde - 8/10/2014

Manuel Valls est-il en train de sonner le glas du dialogue social version François Hollande ? Les déclarations du premier ministre, lors de ses déplacements à Berlin le 23 septembre puis à Londres le 6 octobre, peuvent le laisser penser. En vantant les réussites de nos voisins, le premier ministre a critiqué en creux l’échec de la France à faire baisser le chômage. A Berlin, il a ainsi semblé regretter que « la France [ait] fait le choix de longue date d’un chômage de masse bien indemnisé ». A Londres, il s’est demandé s’il ne fallait pas « aller plus loin » que l’accord sur l’emploi du 11 janvier 2013 concernant la flexibilité du marché du travail. Il a même glissé que la question de l’assurance-chômage « doit être reposée », y compris dans son montant et dans sa durée d’indemnisation.

Si elles correspondent au fond de la pensée de Manuel Valls, et si elles visent à rassurer les partenaires européens de la France, qui continuent de douter de la volonté du gouvernement de réformer le pays en profondeur, de telles déclarations n’en sont pas moins explosives sur le front intérieur, alors que, jeudi 9 octobre, syndicats et patronats doivent se retrouver pour tenter de s’entendre sur une réforme d’ampleur des règles du dialogue social dans l’entreprise.

Officiellement, la négociation a pour objectif de « renforcer la qualité et l’efficacité » et d’« améliorer la représentation des salariés », comme l’a enjoint le gouvernement dans le document d’orientation qu’il a envoyé aux partenaires sociaux le 29 juillet. Mais en réalité, il s’agit de bien plus que cela. Après quatre négociations d’ampleur bouclées avec succès depuis le début du quinquennat – emploi, formation, retraites complémentaires et assurance-chômage –, la discussion qui s’ouvre jeudi doit démontrer si la réforme du modèle social français par accord entre syndicats et patronat a encore un avenir.

« JE SUIS AGACÉ »

Or, jamais, depuis 2012, l’issue d’une négociation n’a été aussi incertaine.« Cela va être très compliqué », reconnaît-on dans l’entourage de François Hollande. En focalisant leur communication sur les « seuils sociaux », qui ne sont qu’une partie du problème, Manuel Valls et son ministre du travail, François Rebsamen, ont inutilement tendu les syndicats, estime-t-on à l’Elysée. Notamment la CFDT qui fait office de principal partenaire du gouvernement depuis le début du quinquennat. « Je suis agacé que patronat et gouvernement présentent la négociation sous le seul angle des seuils. Ils les agitent comme un totem », s’est d’ailleurs plaint Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, le 2 octobre, dans Paris Match.

Dans ce contexte, les récentes déclarations de Manuel Valls à Berlin et à Londres ne font qu’ajouter à l’inquiétude. En Allemagne comme au Royaume-Uni, les taux de chômage respectifs (4,9 % et 8 %) sont plus faibles qu’en France (10,5 %). Mais au prix d’un développement tous azimuts des contrats précaires, avec pour symbole les « mini-jobs »allemands – sans protection sociale – et les ultraflexibles « contrats zéro heure » britanniques. Le premier ministre veut-il importer de tels dispositifs, quitte à rompre avec les syndicats et provoquer une nouvelle crise avec une partie de sa majorité parlementaire ? « La réforme du marché du travail, c’est la prochaine étape, prédit un habitué de Matignon.Les seuils sociaux et le travail le dimanche, il faut le faire, mais cela risque de ne pas être suffisant. Après la baisse des charges pour les entreprises et la réforme territoriale, il ne reste qu’une seule autre grande réforme structurelle : celle de l’emploi et du marché du travail. »

Mardi 7 octobre, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement et proche de M. Valls, a indiqué que la question du montant des allocations-chômage « sera dans le débat social dans les mois qui viennent ». Pour l’instant, Matignon refuse d’assumer une telle position.« On peut lancer une piste sans forcément la retenir à l’arrivée », explique-t-on dans l’entourage du premier ministre.

L’exécutif le sait : il n’y a aucune chance qu’un syndicat français, y compris la CFDT, souscrive à des solutions si radicales. Dans un tel scénario, Laurent Berger pourrait décider de faire capoter une négociation qui n’a aucune chance d’aboutir sans lui. En contraignant le gouvernement à reprendre la main pour légiférer seul, un tel échec signifierait la fin de la réforme par le dialogue social, marque de fabrique du quinquennat de François Hollande.

« POUJADISATION »

Cette issue, dont ne veut pas l’Elysée, est pourtant des plus probables. D’autant que côté patronal, la stratégie de Pierre Gattaz est confuse. Après avoir vanté, fin août, la politique du gouvernement, le président du Medef a présenté, le 24 septembre, un nouveau catalogue de revendications comprenant la suppression des 35 heures et de jours fériés, ainsi que l’assouplissement du smic et des seuils sociaux. Autant de propositions jugées provocantes par les syndicats et le gouvernement, mais aussi par une partie du patronat. « Cela ne nous a pas aidés », confie un cadre du Medef qui souhaite un accord avec les syndicats, mais s’inquiète « de la poujadisation d’une partie des patrons sur le terrain », qui pourrait emporter M. Gattaz.

L’aile modérée du Medef semble pour l’instant l’avoir emporté. Le document envoyé aux syndicats ne contient pas de passages précis sur les seuils sociaux ou les 35 heures. Mais cela ne veut pas dire que cette ligne arrivera à s’imposer jusqu’en décembre, date limite pour obtenir un accord. La CGPME, en pleine campagne interne pour renouveler son président, s’inquiète du fait que les syndicalistes puissent faire leur entrée dans les petites entreprises. Elle pourrait en profiter pour faire de la surenchère et contraindre le Medef à durcir sa position.

Jean-Baptiste Chastand

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Syndicat National Unitaire des instituteurs, professeurs d’école et PEGC de la Charente-Maritime

1 Avenue du Maréchal Juin, 17 000 La Rochelle.

Sur votre GPS, tapez : allée du Queyras

https://www.google.fr/maps/place/Gr...

Tél : 05 46 42 52 26

Courriel snu17@snuipp.fr

Permanences :

Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h - 17h 00.

Le mercredi de 10 h à 12 h. attention prendre RV si vous désirez nous rencontrer.

Antenne à Saintes, tel : 06 47 04 52 12. Permanence physique à la maison des Syndicat, 1 rue Louis Sercan le dernier mercredi du mois de 10 h à 12 h.

https://www.google.fr/maps/place/1+...